Minuit pile.
Le sommeil me guette, mais l’envie de tout voir est plus forte.
Comme ils sont beaux, ensemble. Comme ils ont l’air heureux… inspirant. Doux visage du matin endormi, cheveux en bataille et pourtant, l’air d’un ange. Petit moment capturé que j’envie. Simple, angle en plongée, assurément prise à bout de bras et à l’insu de l’autre. Le blanc, la pureté, le minimalisme, bon nombre de qualités qui composent cette image.
Et ceux-là, quel lien les unis? Celui de la peur, de l’habitude? Non. Que voyez-vous, chers élèves, que voyez-vous? Une robe, une cravate… et un regard foudroyant. Certes, elle n’a rien de plus que des étoiles dans les yeux. La voyez-vous? La petite lueur de plus sur la cornée? Le reflet du soleil ou de la lampe, on ne sait trop, mais on gagerait que c’est de l’amour. Ya de la magie dans cette photographie.
Je n’aime pas celle-là. Elle me pue au nez. Avez-vous remarqué la ressemblance? Tout-à-fait. On dirait que c’est moi. Passe.
C’est vrai que l’on peut tout voir dans une photo. On peut rapidement tirer des conclusions plutôt plausibles. On peut savoir un tas de choses sur les gens en regardant ce qu’ils portent, ce qu’ils font, où ils sont… Leur classe sociale, leurs valeurs, leur quotidien. Ici, on voit le bonheur. Où, chers élèves, où? Dans le sourire, la posture, le regard… Une image qui vaut mille mots.
Oui, une image vaut mille mots et celle-ci me dit mille fois d’aller me coucher. D’arrêter de la regarder.
Il semble bien. Heureux. C’est ce qui compte après tout.
Il est minuit, il est heureux.