Je me sens comme une tomate éfouerrée. Une belle grosse tomate écrapou dans la face du chien jappeux de mon voisin. Un espèce de trop plein que je suis incapable d’évacuer, parce que ce n’est pas avec mes collègues que je vais partager ça ni avec mes élèves. Et la semaine, j’ai pas vraiment d’ami de dispo. En fait, ces temps-ci j’ai pas vraiment d’amis de dispo point. Je me sens toute seule en ces premières journées d’automne. Vraiment seule au monde. En finissant la job tantôt, je me suis rappelée que l’an passé, après une sale journée, je pouvais prendre la route et aller rejoindre mon chum, avec qui j’aurais préparé un bon petit souper, pris quelques verres de vin, regardé la télé collé, fait l’amour avant de dormir. Ça effaçait les platitudes. Aujourd’hui je suis rentrée à la maison, j’ai téléphoné une amie pour lui souhaiter bonne fête, je n’ai pas voulu l’embêter avec mes problèmes la journée de sa fête. Puis ‘,ai eu un appel de la cousine à qui j’ai raconté ma soirée with the nkotb et elle m’a raconté ses mauvaises nouvelles. Puis un appel de mademoiselle Tremblay qui parlait comme une immigrante et qui voulait de l’argent pour les enfants pauvres d’Afrique…
- Je peux parler à monsieur Marceau ?
- Yé pas là.
- Alors quand est-ce que je peux rejoindre monsieur Marceau?
- Yen a pas de monsieur Marceau.
- (rires) excusez-moi (rires) est-ce que je pourrais parler à madame Marceau?
- C’est moi.
- Oui de tout évidence (rires)
Non mais elle riait là.
Pis ensuite, seesmic, popcorn, internet tra-la-la, trop de popcorn… platitudes.
On dit parfois que l’écran est une fenêtre sur le monde. Ce soir je la reçois comme une vitre, une vitre avec un reflet pâle qui me renvoit ma solitude au visage à toutes les pages. Rien qui n’effacera mes platitudes, rien qui n’effacera ma solitude.