(cuit-cuit d’oiseaux qui gasouillent juste avant le levé du soleil)
BZZZ: « Oh IIIIIIII don’t feel like dancing » nanananana
Le réveil-matin me fait sursauter: il faut dire que ça faisait quoi, 3 mois 1/2 que je ne m’étais pas levée à 7h00 am… Faut que je sois la plus belle aujourd’hui; la plus belle, la plus fine, la plus relax, la plus cool, la plus motivée, la plus respectueuse, la moins nerveuse, la plus toute quoi. La meilleure candidate du monde. Je suis belle, bonne, fine et surtout capable. « On n’a jamais une deuxième chance de faire sa première impression » m’a dit mon père.
Ce sera la robe fleurie, ma robe porte-bonheur, celle avec le décolleté plongeant, mais discret (qui fait bander les plus mous) avec une belle paire de pantalons en-dessous, pour balancer la patente et en même temps répondre aux critères du cliché « prof d’art fuckée » (que voulez-vous, les élèves se sentent plus rassurés avec un prof d’art qui fit dans leur moule de « personne cool et fuckée » plutôt que de prof « cultivée et ordonnée » parce que ça fait « stif » et donc pas cool). Ça prend des accessoires modes, pour les filles, ça pogne tout le temps: « Ah vous avez une belle montre madame! – Merci! » ça part toujours bien une conversation. Du maquillage pour camouffler mes cernes d’à matin (pas habituée 7h00). Une veste noire et des souliers noirs, clean, sophistiqués pour le côté pro vis-à-vis mes sup et collègues. Une activité bouche-trou d’une période au cas où rien ne soit préparé… ce qui arrive souvent. Un snack. Des aspirines. Et un grand sourire. :D
Ouais, ce matin, je remplaçais une maladie indéterminée. Pas la maladie, mais plutôt sa durée, c’est comme ça qu’on en parle dans le gargon de prof. Alors, j’ai fait la 1 et la 2 d’une prof en dépression, du moins c’est ce qu’on m’a laissé entendre. Les filles qui remplaçaient avant moi, deux internes, n’avaient pas d’expérience spécifique et étaient très contentes de me céder la place! Ya rien d’officiel encore, mais si demain on me demande de rentrer en pédago lundi, ça va vouloir dire que je vais faire de la suppléance à raison de 83% de tâche jusqu’à une date indéterminée (Noël).
Alors, je ne me suis pas forcée du tout pour me mettre un sourire dans la face ce matin. :) J’étais vraiment motivée. Et l’avant-midi s’est super bien passé!
1h30, on me demande rester pour la 4. Je m’en vais dîner au resto; faut ben fêter ça un peu. Radio d’auto : « Oh IIIIIII don’t fell like dancing » nanananana… coudonc, c’est tout le temps la même toune qui joue?!
La 4: remplacement dans une autre matière. Les 65 premières minutes du cours se sont super bien passées. Les 10 dernières: oublie ça. Un élève s’est « enfargé » dans l’instincteur. Je pensais qu’on allait mourir étouffés! On aurait dit de la poussière de craie, un nuage, non, une nuée de craie dans la classe! Les fenêtres n’ouvraient pas… il a fallu faire quitter les jeunes plus tôt… J’aime ça jouer à la suppléante. C’est plein de rebondissements.
La journée est terminée, je suis ultra fière de moi et ultra soulagée, et ultra contente de rentrer à la maison. C’était cool, ça m’a vidée. Radio d’auto: « Oh IIIIIII don’t fell like dancing » nanananana…
C’est vrai que j’ai pas du tout envie d’aller danser là: je suis morte!
Je rentre à la maison. J’ouvre mes courriels et trouve ceci. Ah non!!! C’est un message ou quoi??? Ok ok j’ai compris: Oui, j’ai dansé tout l’été, comme les souris, et oui, j’ai chanté tout l’été, comme la cigale, mais maintenant j’ai trouvé ce que je voulais et j’ai bien fait d’attendre… je me transforme en fourmi! Yé!