Vivre d’art et d’eau fraîche, trop beau pour être vrai? Vivre de mon art semble… impossible. D’abord, c’est risqué. Ensuite, ça rapporte peu. Finalement, je ne fais pas dans le commercial. Illustre inconnue que je suis, je n’ai pas l’étoffe d’un artiste dit moderne, ou dirais-je, de celui qui travesti son style pour plaire et/ou faire comme les autres et vendre. L’imagerie contemporaine a son propre genre, en pub, en design, en peinture aussi… combien de collègues universitaires ais-je vu changer de méthode et adopter une façon de faire quasi identique à celle du prof? Combien d’expos redondantes? Combien de tableaux pareils?
Aujourd’hui, c’est plutôt relatif « l’art ». Il y a beaucoup trop de talents perdus, partis à la conquête de l’image « vendable », et inversement pas suffisamment de talent connus qui partent véritablement à la recherche d’eux-même à travers leur art. Pour moi, ça ressemble plus à ça, l’art: l’expression de soi.
C’est quoi, l’art, au fait? Ouf… Dans le dico on dit: « Expression d’un idéal de beauté correspondant à un type de civilisation déterminé » ou encore « Expression désintéressée et idéale du beau; ensemble des activités humaines créatrices qui traduisent cette expression ». Alors le dico renie déjà l’art des animaux. Vous savez ces singes qui peingnent? C’est de l’art pour vous?
Certains vont apprécier une oeuvre pour une raison particulière et d’autres, pour des raisons complètement différentes. Certains ne vont jurer que par la virtuosité du peintre à reproduire la réalité d’autres vont plutôt admirer les couleurs, les textures, ou encore la technique sans se soucier du réalisme. D’autres encore n’en auront que pour les formes, que pour la recherche et le travail acharné de l’artiste, ou encore pour ses gestes, sa capacité à faire passer une émotion, etc. Il n’y a pas d’art qui soit laid. Il y a du bon et du mauvais dans tout, ou dirais-je mieux, « Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter »… mon proverbe favorit :).
Simplement, voilà, je reprend mes pinceaux et j’hésite. Vais-je faire parler mes émotions et risquer ne rien vendre ou vais-je partir à la recherche de l’imagerie la plus susceptible de plaire, de vendre?
Dilemme d’artiste vivant d’art et d’eau fraîche.