Je devais rentrer avec elle.
Party de bureau.
Laval. La soirée commence raide: les filles décident de faire un concours
de craque de seins. Les lavalloises sont étranges… j’ai eu droit aux
commentaires d’une douzaine de personnes:
- Ouin, beau
décolleté!
- Sérieusement, Me, je suis jalouse de ton décolleté
plongeant…
- C’est sûrement toi qui a la craque la plus
expressive de la soirée!
- Entouka, toi tu nous fais chier avec ta
craque!
Bouchée. Même gênée.
- Dis-moi pas que tu es
gênée d’être jolie! dit-il…
Je devais partir avec elle. Avec
elle, c’était le plan. Je devais même dormir chez elle. Ma voiture y
était stationnée, notre lift venait nous chercher à l’heure
désirée.
Deux bières dans le corps, on arrive au party de bureau.
La soirée comence raide: elle décide d’enligner je ne sais combien de
bières pour finalement se retrouver à quatres pattes aux toilettes avant
même d’avoir touché son entrée de salade. J’ai téléphoné notre lift.
J’ai dit que je m’arrangerais.
Le repas est délicieux et bien
arrosé de vin rouge, je le prend en excellente compagnie du stagiaire
qu’on a gentiement surnommé (entre nous les filles) « lèvres cochonnes ».
23 ans, craquant, j’en bave sur mon saumon…
Au dessert, un
collègue s’approche derrière moi, histoire de reluquer ma (désormais et
pauvre de moi) célèbre poitrine, s’agenouille et me demande ce qu’est-ce
donc que le poster qui traîne sur mon bureau (celui des vv) et amorce une
petite conversation intéressée sur mon moi-même.
Parenthèse. Ce
collègue, qu’on nommera Brad tien, a assurément un kike sur moi depuis le
début de l’année, et inversement. Problem is: he has a girlfriend. And he
lives with her. Big problem hey. Fin de la parenthèse.
La soirée se
poursuit avec les trois filles. On fait chacune notre tournée de martini
litchee. J’en ajoute un pour le stagiaire. Mais mon bon coup fut aussitôt
effacé par ma collègue, qu’on appellera Jem, qui porte le toast
suivant:
- Moi je porte un toast à la craque de Me!
-
…
Ouf, la piste de danse est chaude… Brad vient me proposer un
drink. Sicilian kiss please. Bon, encore un bar qui sait pas de quoi je
parle. Un Uppercut va faire l’affaire, merci.
- Ãa ressemble pas
mal à un BlowJob, dit-il.
- Moins salissant, ajoutais-je, ne sachant
pas qu’il parlait d’un drink.
- Tu piques ma curiosité toi…
Entouka, est ben belle ta craque. Mais je vais te regarder dans les
yeux.
Je devais partir avec elle. C’était ça le plan. Bon, le
décolleté pour cruiser, bien sûr, mais pas un collègue, de
grâce…
- Loto bou-boule!
Ãa, c’est la loterie de Noël du
bureau. Des bou-boules de Nowel avec du cash. Selon certaines, et comme Jem
s’est plu à le dire haut et fort:
- C’est Me qui a gagné la loto
bou-boules!
- Bon ben, je pense que je vais aller me faire aller les
bou-boules par là … dis-je.
Le plan, c’est de partir avec Jem. Le
plan tombe à l’eau. Jem me dis de demander à Brad de me reconduire. Pas
de problèmes avec ça moi.
- Peux-tu me faire un lift jusqu’Ã ma
voiture, Ã Ste-Rose?
- Pas de problèmes! Veux-tu un autre
drink?
- Es-tu certain que tu vas pouvoir la ramener Brad? demande
Jem.
- Bah oui, au pire, on se prendra un motel sur le bord de la
15.
J’ai fais comme si j’avais rien entendu. Je le sais, je suis
plate de même. Mais ça me fait chier qu’il ait une blonde alors, qu’il
sèche.
C’est donc avec lui que je pars. Tout un plan ça. Un plan
qui sent la cruise à plein nez. On est au bar. Les gens qui partent nous
saluent en passant. Les gens qui partent sont plusieurs à revenir sur mon
décolleté, n’en déplaise à Brad qui trouve ça ben drôle. Et il me
fixe dans les yeux. De longues minutes.
- Non mais, fallait bien que
je me poupoune un peu, ça fait un bout que je suis célibataire quand
même… toi tu es pris.
- As-tu l’impression d’avoir perdu ton
temps avec moi ce soir?
- Non.
A drink. Quik.
Please.
C’est la fin, Brad ramasse ses trucs de DJ, on embarque ça
en voiture. 3h00 du mat.
- Pis toi, tu as aimé ta soirée de
DJ?
- Ouais ben je dirais que j’ai pas mal aimé la dernière heure
là …
- Ah oui? Quoi de spécial?
- Ben je l’ai passé à te
regarder dans les yeux… sauf une fois.
- Laquelle?
- Celle
où j’ai regardé ta craque là . ahahaha!
- Ahahahaha! Ouin je ne me
départirai pas de celle-là , chu faite!
Nous sommes à destination.
Ste-Rose. Il se stationne devant ma voiture. Je le remercie, lui donne deux
becs sur les joues… sur les joues, un bec qui s’éternise et se
transforme en french kiss.
- Je vais y aller. Bye.
J’ai fini
ça vite. J’aime pas jouer la pute de service. Je sors, commence Ã
déblayer ma voiture. Brad est encore là . Il sort. Avec son balai Ã
neige.
- What do you want?
- Je pense que je veux un autre
bec.
- Tu n’es pas pris, monsieur?
- Euuuouuuui.
- Ãa te dérange
pas?
- Toi?
- Un peu ouin… Bonne nuit.
Et là , c’est moi qui
l’a frenché.
- Wow. A-t-il conclu.