Des rires.
Une maison remplie de rires.
Je les
vois, dans la cuisine à préparer un repas à la bonne franquette, des
étoiles dans les yeux. Je les vois, complices, rigolos, à se taquiner. Ils
se regardent comme si chaque fois, c’était la première fois. Et
pourtant…
Les mots sont francs, gracieux, choisis avec soin, de
même que les champignons qui crépitent dans la poêlonne. Les enjeux de la
conversation sont fins et félins, de même que le coûteau tranchant qui
saisi le poivron et d’un trait sans bavure le décortique. Une tablée de
bonnes choses les attend. Ils ont mis le couvert post-moderne, la musique
des années 80. Le vin envoûte et vole ses inhibitions aux convives. Le
repas est dégusté langoureusement, assaisonné de découvertes et d’un
soupçon d’ironie. La soirée s’annonce relaxante,
chaleureuse.
Gavés, les ricaneurs entamment une pâtisserie
gourmande tout en se dirigeant au salon. Grand écran, couette et café, les
artistes du cinéma leur proposent une oeuvre hilarante. Douillets, ils
s’installent l’un près de l’autre en commentant parfois sur le petit
détail oublié ou le jeu des acteurs. Ils rient de bon coeur et
s’étonnent du plaisir qu’ils ont, encore, après tant de
temps.
Simplement, comme ça.
Une maison remplie de
rires.
Des rires.
-me