Celui-là sera plus serein, plus calme. Je vais me faire un coin
photo, un coin lecture, un coin peinture, un coin dodo, un coin sociable, un
coin Zen, un coin beau. J’y intègrerai mes trouvailles du Bali, taillées
dans l’hibiscus, un petit air d’Indonésie. Dans celui-là , moins de
matériel, moins de cossins, de trucs, de bébelles, pour respirer,
l’essentiel. Comme un air de musique, de tropiques. Déco, coloré
pâlotte, ergonomique toujours, celui-là sera ma hotte, ma grotte
éclairée. Bienvenue seront ceux qui voudront y entrer. Avec celui-là tout
se dessine. Je me redessine.
Le célibat fait du bien. Malgré tout.
J’ai plein de temps pour égoïstement penser à moi. Profiter de moi. Je
suis devenue bien indépendante avec les années. Je sais ce que je veux et
je vais prendre mon temps pour le chercher, le trouver, le débusquer. Car
oui, ce n’est pas facile de trouver un partenaire plus mûr qu’une poire
verte et plus sensible que la chaire d’un kiwi. Difficile de mettre la main
sur un de ces intense être vivant aussi droit, rangé et intelligent qu’un
dictionnaire qui ne compterait pas les mots « adultère », « snobinard »,
« mémère ». Compliqué d’en attraper un qui sait ce qu’il veut, qui sait
simplement faire la différence entre folie et engagement, qui profite du
moment. Alors en attendant de trouver celui-là , celui-là généreux,
celui-là complice, celui-là vrai, je vais continuer à peinturer, Ã
préparer égoïstement l’autre celui-là , avec son coin photo, coin
sociable, coin déco…